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Pascale Martinez - Indépendant Lifeplus Associé


En découdre avec l’autocritique

Reading Time: 4 minutes

Trop, c’est trop

Dans la vie, nous jonglons tous avec une multitude de rôles et de responsabilités : parent, conjoint, employé, ami, voisin, frère ou sœur, enfant… Cependant, il est important de se rappeler que nous avons également un grand nombre de responsabilités envers nous-mêmes et notre propre bien-être.

Nombreux sont ceux qui font preuve d’autocritique au quotidien. Aussi, si vous pensez être trop critique envers vous-même, sachez que vous n’êtes pas seul. Cependant, de petites astuces permettent de contrer ces pensées autocritiques. Faciles à mettre en application, vous pouvez y recourir à chaque fois que vous ressentez un manque de confiance.

Qu’est-ce que l’autocritique ?

Les termes « autocritique » (en tant que substantif comme en tant qu’adjectif) et « remise en question » sont étroitement liés, mais présentent de subtiles différences, comme illustré ci-dessous :

  • Autocritique (subs.) : le fait de ou la capacité à critiquer ses propres défauts ou actes
    • Être autocritique (adj.) ou s’autocritiquer : avoir tendance à se trouver des défauts
    • Remise en question : le fait de procéder à un examen critique de soi

L’autocritique est une évaluation de soi, souvent considérée comme dure ou négative.1 En plus d’être envahis de sentiments négatifs vis-à-vis d’eux-mêmes, les autocritiques peuvent aussi avoir du mal à exprimer des sentiments positifs et à s’autoencourager.2

Productivité, réussite, perfection : des facteurs déclencheurs potentiels de l’autocritique

Pourquoi l’autocritique occupe-t-elle une si grande place dans la société actuelle ? Le fait que la société soit souvent centrée sur la productivité, la réussite et la perfection pourrait nous pousser à mettre une très forte pression sur nos propres épaules. Les réseaux sociaux peuvent également constituer un facteur déclencheur pour les individus qui ont tendance à s’autocritiquer. En effet, ils peuvent vous inciter à vous comparer aux autres, au mode de vie et aux objectifs qu’ils choisissent de partager, même si ces derniers ne reflètent pas toujours la réalité.

Nous nous fixons tous des objectifs, et il est bon de tout mettre en œuvre pour les atteindre, mais pas en se mettant une pression trop difficile à supporter. Que vous atteigniez ou non vos objectifs, il est important d’apprendre à accepter que vous faites de votre mieux et que cela est amplement suffisant.

Par ailleurs, l’autocritique peut purement et simplement nous empêcher d’atteindre nos objectifs, des études ayant démontré qu’elle est négativement associée à la progression de ces derniers.3 C’est un cercle vicieux, car l’échec, ou la peur de l’échec, peut entraîner l’autocritique.

Êtes-vous trop autocritique ?

Il existe différents types d’autocritique que l’on retrouve fréquemment dans divers environnements.4 Dans votre environnement professionnel, vous reconnaissez-vous dans l’un des traits de caractère ci-dessous ?

  • Vous doutez de vous-même : « Je vais rater ma présentation de demain. »
    • Vous vous tenez pour responsable des échecs : « C’est ma faute si nous n’avons pas remporté l’affaire. »
    • Vous vous cataloguez : « Je n’ai aucun talent d’orateur. »
    • Vous balayez le positif : « J’ai réussi ma présentation, mais n’importe qui en aurait fait autant. »

Il existe également divers sujets d’autocritique dans votre environnement personnel ou familial :

  • « Je cuisine mal. »
    • « Je suis incapable de faire une activité physique. »

Le problème, c’est que ces petites pensées peuvent être les instigatrices de messages plus profonds, par exemple : « On commande trop souvent à emporter. Je ne cuisine pas assez. Pourquoi suis-je si paresseux ? » ou « Je me trouve toujours des excuses. Je suis tellement paresseux. »

Ces messages vous parlent ? La plupart d’entre nous sommes passés par là. À tous ceux qui se sentent accablés ou qui ont l’impression de ne pas être à la hauteur, sachez que vous n’êtes pas seuls.

7 astuces pour combattre l’autocritique

Si vous êtes dur avec vous-même, n’oubliez jamais ceci : vous n’êtes pas seul. Voici nos astuces pour combattre l’autocritique et les pensées négatives :

  1. Rêvez grand, mais définissez des objectifs réalistes.
  2. Ne soyez pas trop dur envers vous-même : avancez petit à petit.
  3. N’oubliez pas que vous faites de votre mieux (et que c’est amplement suffisant).
  4. Transformez les pensées et les sentiments négatifs en positifs en vous focalisant sur le bon côté des choses.
  5. Attachez-vous à donner le meilleur de vous-même, sans oublier d’apprendre à vous aimer tout au long du processus.
  6. Utilisez l’autocritique de façon constructive afin de transformer vos faiblesses en forces.
  7. Si vous avez l’impression de vous perdre dans votre remise en question, demandez à votre entourage de vous soutenir et de vous encourager.

Revirement de situation : transformez votre faiblesse en force

Si vous vous êtes rendu compte que vous êtes trop autocritique, ne vous en blâmez pas pour autant. Vous ne feriez qu’alimenter ce cercle vicieux ! Cherchez plutôt à transformer votre autocritique en autocompassion, en vous engageant par là même sur le chemin de l’estime de soi et du développement personnel.

L’autocritique constructive, contrairement à l’autocritique purement négative, peut vous conduire à vous remettre en question, être une source de motivation ou vous aider à apprendre des erreurs passées.4 Concentrez-vous sur les aspects positifs de vos actions et de votre personne. N’ignorez pas les domaines dans lesquels vous devez vous améliorer, mais accordez davantage de crédit à ce que vous faites bien.

Ne vous attardez pas sur votre autocritique. Prenez le temps de définir ce qui est important pour votre progression personnelle, en prenant vos responsabilités et en définissant des objectifs réalistes.

Soyez réaliste, redéfinissez vos objectifs

Nous pouvons toujours respecter nos principes et atteindre nos objectifs tout en faisant preuve d’autoindulgence et en nous octroyant parfois un écart (comme un parent exténué qui voudrait se lever tôt le lendemain pour faire du sport, mais qui n’y parvient pas car il est trop fatigué).

Une étude menée par le département de psychologie de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, dans l’Illinois (États-Unis), a démontré que définir des objectifs réalistes était capital et que les personnes qui avaient une vision démesurée de leurs performances montraient par la suite un déclin de motivation, par rapport aux personnes qui affichaient une vision plus réaliste.5

Transformez l’autocritique en autocompassion

L’autocompassion est plus utile que l’autocritique. Une récente étude a démontré que l’autocompassion entraînait une réduction significative de la dépression, de l’anxiété, de l’autocritique, de la soumission et des sentiments de honte et d’infériorité, ainsi qu’une augmentation significative de la capacité à s’autoapaiser, à se réconforter et à se rassurer.6

Équilibrer l’autoamélioration et l’autoacceptation est un bel objectif. En trouvant le bon équilibre entre votre désir de vous améliorer et l’acceptation de la personne que vous êtes, vous vous mettez dans les meilleures conditions pour véritablement comprendre que vous faites de votre mieux et que vous êtes bien tel que vous êtes.

  1. http://academic.udayton.edu/jackbauer/PGSG/Neff%2003%20self-comp%20alt%20health%20copy.pdf []
  2. https://connect.springerpub.com/content/sgrjcp/20/2/183 []
  3. https://selfdeterminationtheory.org/SDT/documents/2007_PowersKoestnerZuroff_JSCP.pdf []
  4. https://counseling.uoregon.edu/overcoming-self-criticism [] []
  5. https://pdfs.semanticscholar.org/e5e2/8c92005f42e9ba6d75123e185dddf3f8d4e3.pdf []
  6. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/cpp.507 []